Article issu de la rubrique "Vu de Lausanne" d'Urban Mag Fevrier 2009
La première note te fait sentir le truc, et le beat te fait bouger la tête comme la flûte d'un charmeur de serpent. Et là, tu fermes les yeux et tes épaules bougent en rythme. C'est ça le HIP-HOP mesdames et messieurs. Après plus de 30 ans d'existence le Hip-Hop est aujourd'hui plus controversé que jamais. Mais alors, dis- moi juste pourquoi au pays de l'oncle Sam, c'est ce qui se vend le mieux ? J'aime ce Hip-Hop, mais je n'aime pas ce qu'il devient ; une machine à fric où les lyrics sont du même niveau que celle de M. Pokora ou d'un gosse de 14 ans en manque de sexe qu'il n'a jamais eu. Bref le Hip-Hop se dégrade et nous en souffrons tous.
Pourquoi n'y a-t-il plus de KRS One pour nous rappeler ce qu'est le Hip-Hop? Pourquoi n'y a-t-il plus du Hip-Hop qui fait kiffer même quand tu comprends les paroles? Ils deviennent de plus en plus rare outre-atlantique. Ils sont rares ces chevaliers du Hip-Hop qui malgré le temps refusent les strass et les paillettes, ces chevaliers qui font du Hip-Hop un art, une manière de vivre, de penser et d'agir.
Je pourrais passer des heures à les citer un par un, mais je ne vais parler que de ceux qui sont un peu plus connus dans nos contrées. Ces poètes de rue tout simplement.
De Talib Kweli en passant par Common, sans oublier 9th Wonder & BuckShot, ils livrent tous la même bataille : celle d'un Hip-Hop qui veut se débarrasser du fléau de superman, disco inferno ou de l'Ouragan...Mais on peut toujours espérer un retour aux sources, la mode du moment étant le Old School, on peut espérer que Jeezy nous refasse un autre « Let's Get It : Thug Motivation 101 », que Mobb Deep nous redonne un « Shook Ones » et EPMD refasse surface sur les ondes radio.
Bref, tant de choses qui pourraient nous rendre notre Hip-Hop. Celui que j'ai découvert grâce à Run DMC, celui que j'ai appris à kiffer grâce au Wu-Tang Clan et le fameux Old Dirty Bastard qui est parti trop tôt.
Mais aujourd'hui on se contente de chiens en rut' qui posent juste pour amasser le plus de billets et cela, pour avoir de quoi remplir le string des streap-teaseuse qui les attendent en coulisses. Je me demande si Disiz n'est pas un avant-gardiste avec sa chanson « Inspecteur Disiz » ou si Nas avait prévu la fin de ce mouvement pour les prochaines années vu le chemin qu'il prend en ce moment.
Y a pas à dire c'était mieux avant. A l'époque du météore « repose en paix » du tristement célèbre Booba, à l'époque où Kanye West n'était pas encore une gravure de mode mais un simple Beatmaker au service de sa Majesté Jay-Z. Cette époque où Nas savait encore rapper en live et Foxy Brown nous frappait de son flow ravageur.
Il est loin ce temps là, où j'ai découvert Los Angeles grâce au « Still Dre » du Docteur. Ce temps où pour moi Tupac c'était le mec que les grands écoutaient parce que c'était un Thug et que B.I.G. un frimeur. J'aimais ce temps où ceux qui fumaient le faisaient parce qu'ils aimaient ça et non parce que c'était à la mode. Parfois je rêve d'assister au premier concert underground de Warren G ou de la Westside Connexion. Je rêve d'être dans les studios au moment où Ice Cube posait pour « Kill At Will EP » ou « Death Certificat ». J'aurais bien voulu être dans un club New-yorkais au moment où « Still Not A Player » de Big Pun passait.
Je vis Hip-Hop, je dors Hip-Hop, je mange Hip-hop, je frime Hip-Hop. JE SUIS HIP-HOP !
Dynamit®



